Publié le 28 octobre 2026 · Vérifié le 28 octobre 2026 · SMGB
Le montage et le démontage sont les phases les plus délicates de la vie d’une grue à tour. Cet article résume ce que le Code du travail, l’INRS (brochure ED 6338) et l’Assurance maladie indiquent sur la façon de les encadrer. La notice du constructeur reste le document de référence pour chaque modèle.
La règle de base : selon les instructions du fabricant
Le Code du travail (article R4323-14) impose que le montage et le démontage des équipements de travail soient réalisés de façon sûre, en respectant les instructions du fabricant.
Grue à montage par éléments : assemblage avec un engin auxiliaire
Selon l’INRS, le montage d’une grue à montage par éléments nécessite le recours à un engin auxiliaire de levage (grue mobile, grue à tour…). Pour les grues sans tirants, l’ensemble flèche et contre-flèche peut être monté au sol puis positionné au sommet du mât à l’aide de cet engin.
- Pour le montage des flèches à treillis, l’INRS demande d’interdire l’accès à la zone de montage au personnel non affecté à l’opération, d’aligner les éléments sur un sol plan en s’assurant de leur stabilité, et de mettre en place tous les axes et goupilles prévus par le constructeur.
- Les fondations : le fabricant communique dans le manuel d’instructions les efforts transmis aux fondations. Leur calcul et leur réalisation relèvent de personnel spécialisé, et leur horizontalité doit être vérifiée.
- Le vent hors service attendu sur le chantier détermine la configuration de montage à employer, d’après les indications du fabricant (INRS, ED 6176). Il ne s’agit pas d’une limite de vent pour manœuvrer pendant le montage : celle-ci se trouve dans la notice.
Grue à montage automatisé : déploiement et repli
Une grue à montage automatisé se déploie et se replie par ses propres moyens, mais le sol et l’environnement restent à vérifier avant de la mettre en place.
- Le sol sous les stabilisateurs : il faut vérifier que les surfaces d’appui des stabilisateurs acceptent les réactions maximales d’appui indiquées dans la notice d’instructions. L’INRS rappelle de prendre en compte les zones hétérogènes dues aux réseaux enterrés (caniveaux, canalisations).
- Les talus et fouilles : le stabilisateur doit rester à une distance au moins égale à la profondeur du talus en terrain stable, et au double en terrain instable, avec 2 m au minimum du sommet du talus.
- L’espace nécessaire : le volume nécessaire au déploiement fait partie des caractéristiques principales d’une grue à montage automatisé, et il faut prendre en compte le risque de heurt de personne dans la zone de rotation du contrepoids.
- Les obstacles : l’INRS indique de maintenir une distance de sécurité de 2 m entre une installation fixe et un élément mobile de la grue, ces valeurs ne se substituant pas à celles de la notice.
- La météo : l’examen d’adéquation d’une grue à montage automatisé contrôle notamment que le vent hors service est bien inférieur au vent maximal indiqué par la notice, et qu’un système d’alerte météo existe sur le chantier.
Qui peut monter et démonter ?
L’INRS écrit que les opérations de montage et de démontage des grues à montage par éléments, ainsi que le déploiement et le repli des grues à montage automatisé, nécessitent des formations adaptées. Selon lui, les formations à la conduite en sécurité n’abordent généralement pas cette phase, qui présente un niveau de risque élevé.
La recommandation R487 de l’Assurance maladie précise que les salariés affectés au montage et au démontage doivent détenir le CACES R487 de la catégorie de la grue. Elle indique aussi que ce référentiel ne comprend pas les connaissances nécessaires pour positionner et mettre en place une grue : les opérateurs concernés doivent avoir reçu une formation adaptée, y compris pour le déploiement et le repli d’une grue à montage automatisé. Voir qui peut conduire une grue à tour.
Les vérifications avant la mise en service
À chaque remontage d’une grue à montage par éléments sur un chantier, une vérification de remise en service est requise. Elle comprend un examen de montage et d’installation, où l’inspecteur vérifie le bon montage de la grue au vu de la notice d’installation du fabricant (présence de tous les éléments, blocage du châssis en partie basse…), les essais des dispositifs de sécurité, et les épreuves statique et dynamique. Le détail figure dans l’article sur les vérifications obligatoires.
Avant toute installation, l’examen d’adéquation doit avoir été fait pour le nouveau site. Pour préparer le sol, les réseaux et le voisinage, voir implanter une grue à tour.
Résumé d’information générale établi à partir des sources ci-dessous, à la date indiquée. La chronologie du montage, la boulonnerie et les limites de vent pendant les manœuvres sont définies par la notice du constructeur : aucune valeur générale n’est donnée ici.
Sources
- INRS, ED 6338 « Grues à tour » (montage, fondations, stabilisateurs, formation)
- INRS, ED 6176 « Détermination de la configuration de stabilisation »
- Code du travail, article R4323-14 (ministère du Travail)
- Assurance maladie : recommandation R487A « Grues à tour »
- PréventionBTP (OPPBTP) : faire l’examen d’adéquation d’une grue GMA