Publié le 28 octobre 2026 · Vérifié le 28 octobre 2026 · SMGB
Une grue à tour est un appareil de levage : elle est soumise à des vérifications réglementaires, avant son utilisation sur un chantier puis à intervalles réguliers. Cet article résume ce que disent l’arrêté du 1er mars 2004 et les brochures de l’INRS. Il ne remplace pas ces textes.
Les quatre vérifications
L’INRS distingue quatre familles de vérifications pour les grues à tour :
- L’examen d’adéquation : vérifier que la grue est appropriée aux travaux prévus. Il doit être réalisé avant chaque utilisation sur un nouveau site (arrêté du 1er mars 2004, article 5).
- La vérification de mise ou remise en service, avant la première utilisation dans l’entreprise ou à chaque remontage.
- La vérification générale périodique, à intervalles réguliers.
- L’examen approfondi, lié à la maintenance du constructeur.
Avant la première utilisation : la mise en service
Elle concerne le matériel neuf, d’occasion ou de location. D’après l’INRS, elle comprend l’examen d’adéquation, l’examen de montage et d’installation (l’inspecteur contrôle le montage au regard de la notice d’installation du fabricant), les essais de fonctionnement des dispositifs de sécurité (fins de course, limiteur de moment et de charge…), puis une épreuve statique et une épreuve dynamique.
À chaque remontage sur un chantier : la remise en service
Une vérification de remise en service est requise notamment en cas de changement de site d’utilisation, de changement de configuration sur un même site, ou de démontage suivi d’un remontage. Pour une grue à tour, l’INRS recommande de la réaliser à chaque remontage sur un chantier. Elle reprend l’examen d’adéquation, l’examen de montage et d’installation, l’examen de l’état de conservation et les épreuves.
Certaines grues à montage automatisé, sans support particulier, peuvent être dispensées de la remise en service au changement de site. L’article 20 de l’arrêté exige alors une vérification générale périodique datant de moins de 6 mois et un examen d’adéquation propre au chantier. Si la grue repose sur un chemin de roulement ou un support particulier, par exemple un massif béton, les mêmes obligations que pour une grue à montage par éléments s’appliquent (INRS, ED 6338).
La vérification générale périodique
L’article 23 de l’arrêté du 1er mars 2004 fixe une périodicité de douze mois, ramenée à six mois pour les appareils listés à l’article 20 (II et III). Cette liste comprend les « grues à tour à montage rapide ou automatisé, sur stabilisateurs ». L’INRS résume : les grues à montage par éléments sont vérifiées chaque année, les grues à montage automatisé tous les six mois.
Ces délais sont des maximums. La vérification périodique comprend les essais de fonctionnement des dispositifs de sécurité et l’examen de l’état de conservation.
L’examen approfondi
Selon l’INRS, lorsque l’employeur ne peut pas justifier la maintenance prévue par le constructeur au moyen du carnet de maintenance, un examen approfondi doit être fait tous les 5 ans (arrêté du 3 mars 2004). Il est réalisé par un agent agréé par le fabricant ou par un technicien hautement qualifié.
Qui réalise les vérifications ?
La mise ou remise en service et les vérifications générales périodiques sont faites par des personnes qualifiées, appartenant ou non à l’établissement, dont la liste est tenue à la disposition de l’inspection du travail (INRS, ED 6339). Quand l’employeur fait appel à un tiers, il lui revient d’évaluer sa compétence. L’accréditation est l’une des manières de la justifier.
Ce qu’il faut tenir à jour
- Le registre de sécurité : l’employeur y inscrit sans délai les résultats des vérifications, rapports annexés, conservés 5 ans.
- Le carnet de maintenance, imposé par l’arrêté du 2 mars 2004, où sont consignés les travaux faisant suite aux observations des rapports.
- Le registre d’observations sur le chantier, à disposition des travailleurs et des membres du CSE.
- Les observations des rapports doivent être levées, par exemple par une annotation datée et signée.
Avant chaque vérification, l’employeur met à disposition la notice du fabricant, la déclaration ou le certificat de conformité, les rapports précédents et le carnet de maintenance.
Règles locales
Des arrêtés municipaux ou préfectoraux peuvent ajouter des prescriptions, par exemple pour le survol de zones publiques. L’INRS recommande de se renseigner avant toute installation.
Résumé d’information générale établi à partir des sources ci-dessous, à la date indiquée. La réglementation évolue : confirmez les obligations applicables à votre chantier auprès de votre organisme de vérification ou de l’inspection du travail.